Ma poésie
est faite de silences
de points suspendus
d’espaces blancs aussi
où se glisse parfois l’azur infini
qui effleure l’abîme
où le présent se mêle d’avenir

Mots qui roulent, dévalent
les pentes du conscient
mots-rédemption, mots-fétiches
parés du désir couleur de couchant
qui vibre dans l’air pourpre
où les senteurs se font lourdes
mots du désespoir qui se nie

Mots perdus
mots jetés dans l’espace disloqué
du quotidien pour l’ordonner
mots d’appel au secours
mots-semonce, mots-réponse
qui résonnent dans les allées
troublées de ma conscience
mots-création qui sèment un vecteur
dans le chaos de la vie
mots-repoussoir contre le non-sens

Mots-rythme qui surgissent du néant
et s’accrochent à l’éternité
mots magiques
mots assassins, mots-habitude
mots-tonneaux, tout rebondis,
mots-plaisir irisés de désir
mots-chapelet
à égrener contre l’incertitude
mots d’envie, maux de civilisation
mots-espace où se glissent des univers
mots-dilatation
mots-lyre
Simples mots d’ailleurs et nulle part
apparus, un jour, sans grand fard,
pour être déclinés, couchés, ordonnés
puis éventuellement récités.

24.10.1995